La maison de Fribourg fut fondée en 1904 à l’initiative de Mgr Le Roy, supérieur
général de la Congrégation du Saint-Esprit. C’était un homme passionné
par l’ethnologie, la linguistique, la science des religions et la géographie, ce qui l’a conduit à publier des études appréciées à cette époque notamment sur la “religion des primitifs”. Par le
fait, Alexandre Le Roy se souciait
de munir ses missionnaires des
connaissances indispensables pour qu’ils abordent avec intelligence et une
bienveillante curiosité les contrées inconnues qu’ils se donnaient pour tâche d’évangéliser,
en Afrique. Cette préoccupation
l’amena à nouer des liens avec des universités de Louvain en Belgique et de Fribourg en Suisse.
Dans
cette dernière ville, il
correspondait entre autres avec
Jean Brunhes, professeur à l’université, que l’on désignera, à la suite de ses travaux, comme “le père de la géographie
humaine”. Alexandre Le Roy et
Jean Brunhes se mirent d’accord pour instaurer ce qu’on appellera par la
suite cours de “recyclage” pour jeunes missionnaires revenant d’un premier
séjour en Afrique. Ces temps de
recyclage devaient leur permettre de coordonner et de situer dans un contexte
scientifique les fruits de leurs premières expériences acquises sur le continent noir. Mais assez rapidement la maison de Fribourg modifia
son orientation pour devenir un séminaire international de théologie, dans le
rayonnement de la jeune université d ’Etat créée vers la fin du 19e siècle.
A l'exception de la période de 1930 à 1936, durant laquelle le séminaire abrita
les élèves suisses qui commençaient
leurs études secondaires, Fribourg
conserva cette destination avec des fortunes diverses. On y
accueillit des jeunes scolastiques de presque toutes les provinces, plus
particulièrement d‘Irlande, de Grande-Bretagne, des Etats-Unis, du Canada, du
Portugal, des Pays-Bas, de France et de Suisse, puis de divers pays d’Afrique
(Sénégal, Ghana, Nigéria, Congo, Cameroun, Tanzanie), de Madagascar et de l’Ile Maurice.
La fête de Pentecôte 2004 a donné au Séminaire des Missions l'occasion de célébrer sa centième année d'existence. Cet âge plus que vénérable nous oblige à poser la question d'une rénovation d'un bâtiment marqué par les années. De nouvelles questions se posent, liées à la situation actuelle de l'Eglise et du monde. Pour l'heure, le Séminaire des Missions garde l'essentiel de sa destination première.
- Il reste ouvert à la venue d'étudiants en théologie;
- Il est un des lieux d'accueil pour les confrères malades ou à la retraites;
- Il offre aussi un pied à terre pour les confrères en congé ou en recyclage.
- Il est enfin le point d'attache de confrères en activité pastorale dans la région de Fribourg.
Ce que sera demain est très difficile à envisager. S'il est vrai que l'avenir est incertain, l'espérance n'est pas morte pour autant. Plus que jamais, l'Esprit nous invite tous, qui que nous soyons, à rester à son écoute.
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